ATELIER ISOC WALLONIE 2000

Namur - 17/06/2000

Liberté d'expression et gouvernance de l'internet

Contribution de Joël Cordier

 

Présentation

Joël CORDIER, 35 ans, Secrétaire d'administration au CPAS de Namur

Licencié en Sciences Politiques et Relations Internationales (ULB 1990), Diplômé en Coopération au Développement (ULB 1990), Maître en Management Public (ULB 1993)

Ancien Secrétaire International du Mouvement des Jeunes Socialistes (1994-1996)

Ancien membre du Bureau de l'Organisation des Jeunes Socialistes Européens - ECOSY (1994-1996)

Membre fondateur de l'asbl AGORA (1993- )

Membre fondateur du groupe ATTAC-Namur (02/2000 - )

Je suis un utilisateur régulier d'Internet depuis octobre 1997. Dès le départ, j'ai voulu utiliser ce média en vue de rencontrer d'autres militants progressistes. Par la suite, j'ai commencé à rédiger quelques pages en HTML, ce fut le point de départ de mon premier site (AGORA).

Depuis, j'ai eu le plaisir de créer ou de collaborer au développement d'autres pages web :

- la version française du site Socialist.org

- le site du groupe ATTAC-Namur

- mon site de campagne pour les élections provinciales

Intervention (synthèse).

Le développement actuel de l'Internet induit quelques questions fondamentales quant au contrôle démocratique de ce média et à la liberté d'expression de ses utilisateurs.

L'Internet doit-il être exclusivement au service du monde économico-financier pour lequel l'éducation, la culture et la santé ne sont que des marchandises et non pas des besoins qui doivent être universellement satisfaits ? Les états ont-ils encore aujourd'hui la capacité d'intervenir pour faire de l'Internet un facteur de développement humain au bénéfice de tous les habitants de notre planète ? Comment organiser la gouvernance de l'Internet en prenant en considération les aspirations des citoyens et des organisations qui les représentent ?

A ces questions, les décideurs politiques devront apporter des réponses au plan international. A défaut, le déficit démocratique risque de s'amplifier plus encore demain.

S'il existe aujourd'hui une volonté affichée par les décideurs tant politiques qu'économiques de voir entrer l'Internet dans tous les foyers, rien ne garantit que cette généralisation de l'accès ira de pair avec un plus grand contrôle étatique et citoyen de l'information et de ces modalités de diffusion. En particulier, on peut légitimement sera poser la question de savoir si l'Internet gratuit, phénomène en expansion dans notre pays depuis plus d'un an, participe à un réel processus de démocratisation de l'accès ou à une volonté de captation de clients-utilisateurs par le secteur privé. A terme, l'Internet gratuit ne risque-t-il pas de tuer l'Internet associatif ?

En ce qui concerne la liberté d'expression, je pense que des règles relatives au contrôle du contenu doivent s'appliquer de la même manière que pour d'autres moyens d'expression (presse, radio, télévision, ). Néanmoins, il ne faudrait pas que la "censure" soit imposée par quelques grands groupes transnationaux et réponde uniquement à des exigences purement économiques. Si la liberté d'expression peut être limitée, cette limitation doit s'inscrire dans un cadre légal, dans le respect des procédures démocratiques et des libertés fondamentales.

L'Internet doit être un outil d'émancipation au service de tous et contribuer à faire disparaître les barrières géographiques par la confrontation des idées, clef du progrès humain.